IFU : ce que tout investisseur et dirigeant doit savoir en 2026

• 9 min de lecture

Début d'année rime avec obligations fiscales. Parmi elles, un document revient systématiquement pour quiconque perçoit des revenus de ses placements : l'Imprimé Fiscal Unique, ou IFU. Souvent survolé, rarement compris en détail, il mérite pourtant toute votre attention. On vous explique pourquoi — et comment bien le gérer.

Un récapitulatif annuel de vos revenus financiers

L'IFU (formulaire CERFA n°2561) est une synthèse produite chaque année par les établissements qui vous versent des revenus financiers — votre banque, votre assureur, ou encore la société dont vous êtes associé.

Son rôle ? Centraliser dans un seul document tout ce que vos placements vous ont rapporté sur l'année écoulée : dividendes d'actions, intérêts perçus sur un compte courant d'associé, rachats sur une assurance-vie, plus-values de cession de titres… Bref, l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers.

Ce document sert à la fois de base pour votre déclaration d'impôt et d'outil de contrôle pour l'administration fiscale, qui peut ainsi vérifier la cohérence entre ce que vous déclarez et ce que vos établissements financiers ont réellement versé.

Qui est concerné — et que doit-on faire ?

L'IFU implique deux types d'acteurs, avec des responsabilités très différentes :

Vous percevez des revenus financiers ?

Dividendes, intérêts, gains d'assurance-vie… Vous êtes bénéficiaire. Votre rôle :

  • Récupérer l'IFU mis à disposition par votre banque ou assureur
  • Vérifier que les montants correspondent à ce que vous avez réellement perçu
  • Vous en servir pour remplir votre déclaration de revenus

Si vos placements sont répartis chez plusieurs établissements, vous recevrez un IFU par établissement — pensez à tous les consulter.

Vous dirigez une société qui verse des dividendes ou des intérêts ?

Vous êtes l'établissement payeur. C'est à vous de :

  • Produire l'IFU
  • Transmettre la déclaration à l'administration fiscale
  • Mettre le document à disposition de chaque bénéficiaire

C'est une obligation légale, avec des sanctions en cas de manquement.

Où le trouver et à quelle date ?

Le document est entièrement dématérialisé depuis 2018. Il est déposé automatiquement dans l'espace en ligne de l'établissement qui vous verse les revenus (banque, assureur, courtier…), au plus tard le 15 février suivant l'année de perception (ou le premier jour ouvré suivant si le 15 tombe un week-end).

Date limite IFU 2026

En 2026, le 15 février étant un dimanche, la date limite est fixée au lundi 16 février 2026.

Vous ne le voyez pas apparaître ? Deux réflexes : vérifiez d'abord que vous avez effectivement perçu des revenus financiers l'année précédente, puis contactez directement l'établissement concerné.

Comment le document est-il structuré ?

L'IFU n'est pas une simple feuille. Il se compose de quatre volets complémentaires :

Volet principal (2561)

Regroupe l'essentiel : identité du payeur et du bénéficiaire, montants des dividendes et intérêts versés.

Volet complémentaire (2561 bis)

Couvre les revenus plus spécifiques : opérations sur les marchés, capital-investissement, PEA-PME.

Volet bénéficiaire (2561 ter)

Votre exemplaire personnel. Un justificatif à conserver impérativement — il vous protège en cas de contrôle fiscal.

Volet européen (2561 quater)

Ne concerne que les bénéficiaires résidant dans un autre État membre de l'UE.

Comment remplir et déclarer l'IFU en entreprise ?

Si votre société verse des revenus à ses associés, c'est à vous de produire la déclaration. Voici la logique à suivre.

Identifier les parties prenantes

Commencez par renseigner les coordonnées de votre société (raison sociale, SIRET, adresse), puis celles de chaque bénéficiaire. Le niveau de détail varie : pour une personne physique, il faudra notamment la date et le lieu de naissance ; pour une personne morale, sa dénomination et son SIRET.

Déclarer les revenus versés

Vous devez reporter les montants bruts réellement versés au cours de l'année, arrondis à l'euro. Le formulaire distingue plusieurs catégories selon :

  • La nature du revenu : dividendes, intérêts de compte courant, autres produits de placement…
  • Le profil du bénéficiaire : personne physique ou morale, résident français ou étranger
  • Le régime fiscal applicable : prélèvement forfaitaire unique ou barème progressif

Chaque situation correspond à des zones spécifiques du formulaire. Les intérêts de comptes courants d'associés, par exemple, font l'objet d'un traitement particulier, notamment lorsqu'une fraction n'est pas déductible ou lorsque le bénéficiaire est travailleur indépendant.

Transmettre la déclaration

L'envoi se fait exclusivement en ligne, via votre espace professionnel sur impots.gouv.fr. Deux options :

  • La saisie directe sur le site, idéale pour les petites structures
  • Le mode EDI (échange de données informatisé), adapté aux volumes importants

Vous devez déclarer un IFU ?

Edifiscale vous permet de réaliser et transmettre votre déclaration IFU simplement, en vous guidant pas à pas. Un gain de temps précieux, surtout si vous gérez plusieurs bénéficiaires ou des situations fiscales variées.

Quelle imposition sur vos revenus financiers ?

En tant que bénéficiaire, deux options fiscales s'appliquent à vos revenus de capitaux mobiliers :

31,4%

PFU (flat tax)

Depuis la LFSS 2026, le taux global est passé de 30 % à 31,4 % pour la plupart des revenus du capital :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu
  • 18,6 % de prélèvements sociaux (hausse de 1,4 pt de CSG)

C'est l'option par défaut, appliquée automatiquement si vous ne faites aucun choix.

Barème progressif

Vos revenus financiers rejoignent vos autres revenus et sont imposés selon votre tranche marginale. Les prélèvements sociaux de 18,6 % (ou 17,2 % selon la nature du revenu) s'ajoutent dans tous les cas.

En contrepartie, une fraction de la CSG (6,8 %, taux inchangé) devient déductible — un avantage potentiel pour les contribuables faiblement imposés.

Certains revenus restent à 30 %

Les produits d'assurance-vie, revenus fonciers de la location nue, plus-values immobilières ou encore l'épargne logement (PEL, CEL) restent soumis à l'ancien taux de prélèvements sociaux de 17,2 % — soit un PFU à 30 %.

Les sanctions à connaître

L'administration ne laisse pas de marge de manœuvre en cas de défaillance :

SituationSanction
Retard de dépôtAmende de 150 €
Omission de revenusJusqu'à 50 % des sommes non déclarées
Erreurs ou inexactitudes15 € par omission (min. 60 €, max. 10 000 €)

La meilleure protection reste la rigueur : respectez la date limite (16 février en 2026) et vérifiez chaque donnée avant envoi.

Les bons réflexes à adopter

Préparez-vous tôt

Rassemblez vos données dès janvier pour ne pas être pris de court par l'échéance du 16 février.

Recoupez les informations

Comparez les montants de l'IFU avec vos propres relevés bancaires — les écarts, même minimes, doivent être corrigés.

Gardez vos justificatifs

Le feuillet 2561 ter est votre filet de sécurité en cas de contrôle. Archivez-le soigneusement.

Utilisez les bons outils

Plutôt que de naviguer seul dans les méandres du formulaire, appuyez-vous sur une solution dédiée comme Edifiscale pour sécuriser votre déclaration.

Sollicitez un expert

En cas de doute sur un montant, un régime fiscal ou une situation atypique, un expert-comptable reste le meilleur interlocuteur.

L'IFU n'est pas qu'une formalité administrative de plus. Bien maîtrisé, il devient un véritable tableau de bord de vos revenus financiers — et le point de départ d'une fiscalité bien gérée.

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